Le challenge "ROSSINI" : part II

Publié le par LeBeginner

Bonsoir,

L'intro du final de l'ouverture du Guillaume Tell de Rossini fait principalement appel à des trompettes et des cors. Les cors intervient en contre-chant dans la deuxième partie de l'intro.

Les notes sont jouées à un rythme assez élevé (croches et doubles croches sur le tempo de 152). Les enregistrements que j'ai trouvé sur Youtube sont généralement joués à un rythme encore plus soutenu.

A un tel tempo, l'ennemi juré de l'orchestrateur midi est l'effet mitraillette. C'est cette effet désagréable qui se fait entendre lorsque l'on joue toujours le même sample audio, à la même vélocité et à un rythme effréné, sur une grille parfaitement quantifiée. En gros, c'est une chose impossible à réaliser pour un orchestre composé d'humains.

Les moyens d'éviter cela peuvent être résumé en une seule loi : Varier les samples !

Voyons comment y arriver.

Varier les vélocités

C'est une évidence. pour chaque note d'une librairie (quelle qu'elle soit) on dispose de plusieurs samples qui permettent de couvrir toute la gamme dynamique de l'instrument. En changeant de vélocité, on peut changer de sample et tout ce que ça implique en terme d'attaque, de sustain et de relâchement de la note. Tout bon logiciel DAW qui se respecte possède une fonction "d'humanisation", à savoir un outil qui permet de faire varier aléatoirement la vélocité et la position.

Fonction Humanizer de REAPER

Personnellement, je fais varier mes vélocités d'une valeur comprises entre 15 et 30% max. Ensuite si besoin est, je retouche localement à la souris. Dans le cas des cors de l'intro de Guillaume Tell, j'ai réglé comme ceci. 

Les vélocités sont assez élevées parce que la partition indique que l'on joue ff (fortissimo) donc autour de la valeur 110.

Varier la quantification

Ici, je n'ai pas trop varié la quantification. Le rythme étant élevé, une variation trop forte brouille la mélodie et rend inaudibles les subtilités du jeu.

Varier les articulations

Varier les articulations est une action fondamentale pour humaniser une programmation midi. Comme je l'ai déjà dis, si les concepteurs de banques de sons se donnent la peine d'enregistrer une grande quantité d'articulations pour chaque instrument, ce n'est pas pour rien. La longueur de la note peut vous aiguiller sur le choix de l'articulation (Stacc ou Sus par exemple). La partition bien sûr peut vous donner des indications. Et au final, votre oreille fera le reste du travail. C'est probablement l'outil le plus redoutable à votre disposition. Ne le négligez pas ! Pour varier facilement les articulations, le Symphonic Orchestra dispose de preset regroupant plusieurs articulations que l'on peut appeler à l'aide de keyswitches (voir article sur le template orchestral). Pour utiliser ces presets, je fais appel au script Inspector de Stéphane. 

 Pour réaliser la partie des cors sur l'intro, je vais utiliser 3 articulations différentes : 

  • sus pour les notes longues
  • Sus Acc MOD pour les notes intermédiaires (croches)
  • Stac Long pour les notes courtes (doubles croches)

En appliquant tous ces réglages, on obtient ce résultat :

https://soundcloud.com/user-852967544/guillaume-tell-intro-cuivre

à bientôt...

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